Barcelone, j'ai drafté comme une grosse merd...


 
 
Les Ironman s'enchainent et la situation empire d'année en année au niveau du drafting…. 
 
On a atteint des sommets ces dernières semaines à Mont Tremblant, Majorque et ce dimanche à Barcelone. Mais il semble que l'on ai dit cela déjà à plusieurs reprises, car je me rappelle notamment d'une édition des "championnats'' 70.3 à Clearwater qui avait déjà touché le fond au niveau de la triche en vélo.  Cela se répète donc malheureusement ''presque''  tous les week end et sans que la difficulté des parcours ne puissent changer la donne. En effet , Majorque, Nice ou Zurich ont des parcours avec dénivelé mais cela ne change rien au problème...
 
Petit retour sur la course à Barcelone... Le gros orage du matin qui a retardé le départ est devenu anecdotique… Je sors de l'eau dans le 4e pack des mauvais nageurs et très vite je me retrouve à la queue d'un petit peloton d'une petite dizaine d'unité. Au départ tout le monde est à peu près à 10m (et déjà dans des conditions sans vent et à 40km/h cela représente un très bel avantage…mais c'est la limite autorisée et j'en profite donc aussi sans tricher !) car indécis par rapport aux nombres d'arbitres présents et leur sévérité (c'est toujours à peu près comme cela au début de toutes les courses..). Puis assez vite, les arbitres absents (par leur présence ou leur action), les écarts diminuent entre chaque cycliste. Le groupe reprend très vite Camila Pedersen (qui nous a doublé en natation …) qui va faire une bonne trentaine de kilomètres assez  tranquillement au milieu du paquet, jusqu'à ce que Georg Zvoboda revienne, double et s'éloigne…. 
 
Bien que m'étant promis de rester ''tranquille'' à économiser légalement les watts à 10m en queue de groupe toute la journée, je ne peux m'empêcher  de partir à sa poursuite… je le rattrape et on rentre assez vite sur le 3e pack dans lequel se trouve quelques ''costaud''. J'attaque à nouveau façon cycliste, mais les adversaires ont du répondant et je me résous très vite à retourner en queue de groupe pour m'économiser à nouveau… Zvoboda va alors rouler quasiment tout du long seul devant le groupe pendant 3/4 de tour.  Je tiens aussi à signaler l'attitude exemplaire de Mauro Baertsch qui aura démontré tout au long des 180km qu'il est possible de jouer le jeu avec un tout petit peu de bonne volonté en restant  plus à 12m que 10m du cycliste qui le précédait. Bravo à Georg et Mauro  !
 
Je fais donc encore un allé tranquille derrière le pack.  Porter par l'ambiance générale, je mériterais sans doute déjà à plusieurs reprises un carton de la part d'un arbitre sévère sans avoir à crier à l'injustice.  Mais je m'emmerd… et après le 3e demi tour  ( 125e km) "j'attaque"  ( quel triste mot à employer  dans une course avec un effort solitaire.. ). Je reviens un peu plus tard sur le 2e pack que mène alors Gwenaei Ouilleres et qui comme les 2 autres groupes maintien plus des distances de  3m à 8m que 10m. Mais bon en France 5m cela est encore réglo !!  Re attaque immédiate... et je roule tout seul en gérant pour un effort solitaire ! Cela dure au total environ 45'… mais proche de Callela,  j'aperçois le groupe qui me tient en joue… Peine perdue.. je sature à la vue de ce pack, mais aussi du 1er pack,  et de tous les pelotons GA croisés… Je me relève pour être repris au demi tour par un pack mixé des hommes  ''fort'' ( dont bien sur Zvoboda,  Baertch et peut être quelques autres ) ou opportunistes ou malins voir vicieux des 4e, 3e et 2e pack. 
 
Mais j'ai encore l'espoir d'un marathon correct… Alors  à 45 ans comme un ''vieux con'' qui veut encore faire 8h30', je vais faire comme beaucoup et me retrouver assez souvent durant les 25 derniers kilomètres à moins de 10m d'un abris en espérant m'économiser suffisamment pour attaquer le marathon avec le maximum de fraicheur !… Honteux ! …
 
La situation sur la fin devient risible (ou à pleurer ) avec des groupes d'âges doublés qui font un petit bout de chemin avec nous en profitant du wagon ! Mais comme dans toutes bonnes cyclos, il y a toujours quelqu'un pour ''mettre'' une accélération dès que la route s'élève avant de couper  l'effort en voyant que le train reste bien calé derrière.
 
Ce n'est  pas le sport que j'aime , ce n'est pas le pourquoi j'ai fait et je fais encore du triathlon, le pourquoi je cherche le détail aero qui fera la différence avant une course. Où est l'intérêt de freins intégrés à la fourche calé 5m derrière son concurrent ? 
 
J'ai boycotté les épreuves ''importantes'' en France suite à pas mal de course mascarades et la règle Française des  5m d'écart entre 2 vélos. Les courses aux USA  ont eu ma préférence grâce à la fermeté de Jimmy Riccitello et des écarts maintenus entre 10 et 12m.  Et si je me suis plains de drafting en Floride ces 3 dernières années, on restait  loin de ce que j'ai pu voir hier à Barcelone.
 
Mais les ''Pro'' malgré toutes ces dérives restent beaucoup moins à plaindre que tous les GA qui espèrent et tentent encore de faire leur course en solitaire. Chez les Pro,  on reste toujours sur un train,  même si celui ci a des wagons très rapprochés.. Chez le GA, on ne peut plus parler de train quand les triathlètes sont roues dans roues et  jusqu'à 4 de front comme sur la photo ci dessus. Et dans ces conditions  tout le monde est lésé, car aucune performance n'est crédible.
 
Je lutte depuis toujours contre le drafting et malgré cela , je me suis retrouvé  à drafter ce dimanche… Je n'en suis pas fier du tout et je m'incline d'autant plus devant ceux qui comme Sébastien  Souffleux à Majorque arrivent à rester dans les règles malgré les enjeux parfois important d'un classement. Mais cela me permet également de comprendre tous ceux qui finissent par tricher sur une course  durant laquelle ils sont confrontés à ce genre de conditions.
 
Mais faute avoué à moitié pardonnée… Et je trouverais sympa et sans doute très constructif que tous les participants à Barcelone fassent un constat de leur comportement sur le circuit vélo. Je me permettrais donc de commencer par interroger les quelques triathlètes ''Multriman'' présents sur cette épreuve et j'invite tous ceux qui le souhaitent à me faire parvenir leur témoignage ( 2,3 lignes) à cbastie@multriman.com . 
 
Concernant le triathlète ( les instances ont beaucoup de moyen de lutter…dont légaliser le drafting…Bachelor aurait peut être gagné, Baertsch peut être dans les 10, mais les classements ne seraient pas forcement métamorphosé... ) , Il reste ensuite à voir quelle attitude tenir par rapport à cela…  Soit boycotter ces épreuves. Mais quelle épreuve  assurent le NO Drafting ?A t elle déjà existé ?  Soit rester intègre et parvenir à respecter la règle coute que coute. Soit tenter d'être honnête, mais se plier à la vue des circonstances à la règle ''tout le monde le fait''. Soit aller directement à la ''triche'' avec la tactique pas vu pas pris afin de viser le meilleur résultat ( on parle bien alors de résultat, mais plus de performance). Je pense malheureusement qu'il n'y a pas beaucoup de solutions pour l'athlète.
 
Je n'aime pas trop ce que je vais écrire... Mais il faut aussi reconnaitre que drafter n'est pas non plus un crime (bien que cela mène à la prison ! Mais seulement 6'..).  Le dopage non plus vous me direz…Et avouer drafter ne coutent rien ! Alors pourquoi ne pas se servir de cela et assumer pleinement que  x %  des qualifiés à Kona doivent drafter pour décrocher le slot et communiquer la dessus. Cela ferait alors une belle publicité  pour le label ironman ! 
 
Assumer est souvent la première étape et je rêve d'un GA  au départ de Barcelone avec un vélo classique annonçant avant la course qu'il va faire 4h40' sur le ''bike" en profitant au maximum des pelotons et en enchaînant par un marathon très proche de son record "sec" sur la distance du fait de l'économie réalisée dans les roues avec à la clef un slot !
  
 
A suivre….
 
Par cb le 6/10/2014 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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