Ironman Arizona: Denis Chevrot relate ses 8h09' d'efforts...


 

                 Aujourd’hui jour de l’Ironman Arizona, j’ai mis le réveil pour 4h53 ! Je mange mon traditionnel bol de riz, m’habille puis pars rejoindre le site du départ, qui se situe à deux miles.C’est Estelle qui conduit, elle aura eu les rôles de chauffeur, cheerleader, pointeur, et ramasseur de cadavre (moi). En lisant cela, on peut croire que j’ai été super rapide, mais pas du tout, j’ai aussi pris le temps de glandouiller sur le net et c’est donc 25 minutes avant la fermeture du parc que je suis entré dans la zone de transition.

L’avantage quand on crève, c’est que l’on ne termine pas les courses, on se fatigue donc moins et on peut prendre plus de départs. Tout ça pour dire que les gestes sont bien rodés et qu’en 15 minutes je suis prêt. J’ai quand même réussi à oublier la vaseline, les traces de frottements sur mon coup en sont la preuve !

A 6h40 les « pros » sont autorisés à se mettre à l’eau et à rejoindre la ligne de départ environ 200 mètres plus loin. Cela suffit pour l’échauffement. A 6h45 le départ est donné et contrairement à Austin je me sens plutôt pas mal. Je me retrouve rapidement dans les premiers, mais je ne vois absolument rien ! Je n’ai pas les mêmes lunettes que d’habitude puisqu’elles trainent toujours du côté d’Austin ! Je prends donc les pieds et c’est plutôt pas mal. Après 2 kilomètres de natation, nous sommes encore une douzaine dans le groupe de tête. Je passe devant pour relancer et essayer d’écrémer ce paquet. Je n’ai même pas fait 50 mètres dans cette situation qu’une crampe vient me taquiner sur le mollet gauche ! Et la garce ne veut pas partir ! Je suis obligé de m’arrêter pour m’étirer et je perds contact avec le groupe que je voulais exploser, j’ai l’air malin !! Au bout d’une vingtaine de secondes (peut être moins, mais ça paraît long dans ces cas là J ) ça va mieux et je repars sur deux bras et une jambe. Je parviens à rejoindre le groupe  qui a fini par se décanter, nous sommes six ou sept. La sortie s’effectue par des escaliers assez raides, ma crampe se réinvite ! Je prends le temps, encore une fois, de m’étirer. Bien énervé je fais une transition assez rapide puisque je sors premier du parc à vélo. C’est tellement rare que ça mérite d’être souligné.

Je roule un peu devant, mais dans mon tempo, avant que d’autres athlètes embrayent. Pour une fois je ne trouve pas le rythme trop élevé, j’ai même l’impression qu’il est plutôt cool, tant mieux ! Les distances ne sont pas toujours respectées et certains athlètes se voient sanctionnés de STOP and GO (j’ai d’ailleurs pu découvrir une tactique qui permet de rester avec la tête malgré cela, il s’agit de mettre une attaque avant la penalty box et de repartir en dernière position !). Le parcours vélo se compose de trois allers retours de 60 kilomètres. Au 45ème nous sommes toujours tous ensemble, c’est le moment que choisit un athlète pour accélérer. Je gagne dix points de pulsations, mais ça sent le coup de bluffe et je fais donc l’effort. J’ai eu le nez creux puisque six sept minutes plus tard il se relève. Nous bouclons le premier tour en 1h29. Au kilomètre 85, Jordan Rapp qui est revenu (il accusait un retard de 4’ minutes après la natation) prend la tête. Le groupe se disloque, je me retrouve avec trois autres athlètes derrière cinq  autrres qui se sont fait la belle. J’ai choisi de ne pas essayer de suivre pour ne pas me mettre dans le rouge, la journée ne fait que commencer. Mes camarades ont l’air bien entamé puisqu’ils restent derrière moi. J’accélère un petit peu pour les décrocher ce que je fais vers le 115ème. Je boucle le deuxième tour en 1h28. A ce moment là je suis seul. Je continue mon effort solitaire pendant 15 km avant de reprendre trois des cinq fuyards. Pedro gomez et Jordan Rapp sont toujours devant. Je les passe immédiatement pour rester sur mon tempo, je me sens bien. Peu avant le dernier demi tour je me retourne et je vois une dizaine d’athlètes derrière moi. Je me relève pour m’étirer, la crampe est toujours plus ou moins là. Parmi ces athlètes, il y a les « trois fuyards », V. Del Corral, Jans Pettersenbach et d’autres ! Ce groupe me dépose et je rentre à T2 tout seul. Je termine la dernière boucle en 1h29 ce qui donne un temps total de 4h27 avec les secondes. Je suis satisfait de ce chrono puisque j’ai quasiment fait les derniers 90 kilomètres tout seul. Je pose le vélo en 8ème position.

Un bénévole récupère mon Slice RS, énorme ce biclou, et je cours vers la tente pour récupérer mon sac run. Et là les premiers pas sont horribles, je suis crampé toujours au même endroit ! Malgré cela je fais encore une bonne transition. J’arrive assez vite a oublier mon mollet et je trouve mon allure. Après 3 miles (oui maintenant on va parler en miles) je suis septième et je vois le sixième au loin. Je continue au train, et pendant un tour il ne se passe pas grand chose, si ce n’est que petit à petit je grappille du terrain. Je double l’ancien cinquième qui est donc maintenant sixième vers le 18ème miles et l’ancien sixième, ou le nouveau cinquième, vers le 19ème. Je continue sur mon allure sans me retourner et à 3 miles de la fin, on m’annonce le troisième à 1’30’’. « ok, but where is the fourth ? » (à prononcer avec le big French accent).  Je ne vois personne devant moi et l’allure commence à faiblir petit à petit, je me bas contre le chrono pour ne pas qu’il descende sous les 14,5 km.h-1. A un mile de l’arrivée, je vois un athlète accompagné par un vélo, le troisième avec un  vélo de l’organisation ou le quatrième avec quelqu’un pour prendre les écarts? J’aperçois les barrières  qui annoncent la finish line, enfin ! Je suis sec !! Juste avant le dernier virage, Estelle m’indique que je suis quatrième, bah il est passé où celui que je n’ai pas doublé ? Il a fait une pause toilette ? Je sais que d’autres les ont appréciées, n’est ce pas PYF ;) 

Plus très lucide, je distingue vaguement le chrono, on en est à 8h08’40’’ ou 8h09’40’’ ? Je relance, se serait dommage de rater les 8h10 pour quelques secondes ! Puis je distingue bien les chiffres et je vois que je peux finir tranquille. Je fracasse deux trois mains sur la ligne droite puis je passe la ligne en 8h09’02’’ Je suis content, mais bien fatigué. Je termine donc quatrième derrière V. Del Corral, Jordan Rapp et Jans Pettersenbach. Pedro Gomez quant à lui est cinquième.

Contrairement à la Floride l’an passé, j’échappe à la tente médicale. Je vais me faire masser le mollet mais rien à faire, cette crampe ne me quitte plus. Deux jours après elle est encore là. Je crois qu’on peut parler de contracture maintenant !

 
Par Denis Chevrot le  20/11/2013

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